Fond Barbara Daigneault

LOUISE DAIGNEAULT | MICHÈLE DAIGNEAULT | CLAUDE DAIGNEAULT | FRANÇOISE MARCHAND

ÇA NE PEUT PAS ÊTRE VRAI! DE TELLES CHOSES N'ARRIVENT PAS!

Le 6 décembre 1989. Ce soir-là, je travaillais au 22e étage d'un édifice au 500, Place d'Armes dans le Vieux-Montréal. Même à cette hauteur, le hurlement des sirènes était perceptible. Un collègue s'est approché de mon bureau pour me demander si j'étais au courant de ce qui était survenu. Il m'a appris qu'un tireur fou avait fait feu en direction d'étudiantes de l'École Polytechnique. [suite]

Mes pensées se portèrent immédiatement vers tous les gens, amis ou collègues de ma connaissance, qui fréquentaient une institution universitaire francophone. Plus j'y pensais et plus je me disais qu'il était impossible qu'une de ces personnes eût pu être blessée. Il ne m'est pas venu à l'esprit qu'un membre de ma famille pouvait être au nombre des victimes.

La cruelle réalité s'est imposée à moi à 6 heures du matin, le lendemain, lorsque ma soeur m'a téléphoné. Elle m'a dit en substance : « Tu as appris ce qui s'est passé hier soir? Barbara était là. » Je dois reconnaître que j'ai alors proféré quelques vigoureux jurons avant de lui annoncer que je me rendais chez mes parents à St-Basile-le-Grand.

Mon premier geste a ensuite été de tirer une couverture de mon lit et de m'emmitoufler. J'étais transie et je ne parvenais pas à me réchauffer. Je me suis assise devant le téléviseur, me berçant pour tenter de reprendre mes esprits. Ce que j'entendais à la télévision me dévastait. Je voulais en savoir plus, mais je ne parvenais pas à me convaincre d'appeler mes parents ou un autre membre de ma famille. L'événement était trop horrible pour être vrai, pour permettre de comprendre le pourquoi et le comment, pour être assimilé. Barbara était ma cousine, mais je n'avais jamais eu l'occasion de vraiment la connaître parce que les occasions de se rencontrer étaient rares. La dernière remontait à huit mois, lors des funérailles de notre grand-mère. Nous n'avions échangé que quelques phrases en raison des circonstances. Aucune des personnes présentes n'aurait pu prédire que nous allions nous rassembler quelques mois plus tard à l'occasion de ce tragique événement qui allait bouleverser le cours même de notre famille.

Lorsque je suis arrivée à la maison de mes parents ce matin-là, mon jeune frère était présent. Nous ne nous sommes pas parlé. Nous étions figés sur place lorsque la sonnerie du téléphone nous a fait sursauter. J'ai répondu ; au bout du fil, une voix de femme hystérique demandait que je lui donne le numéro de téléphone de l'entreprise où travaillait mon père. Je n'ai pas reconnu la voix, pensant qu'il pouvait s'agir d'une journaliste, puisque mon oncle Claude travaillait à la Presse canadienne à l'époque et que le numéro de mes parents était dans l'annuaire. Il pouvait s'agir d'une journaliste qui tentait d'obtenir une information, pensai-je un peu paranoïaque puisque nous n'avions pas d'afficheur à l'époque. J'allais lui dire son fait lorsque j'ai reconnu la voix de ma tante Michèle, la soeur de mon père. J'ai essayé de lui fournir le numéro, mais je m'embrouillais tellement que j'ai remis le téléphone à mon frère. Après la communication, il m'a prise dans ses bras. Alors, je me suis mise à pleurer.

Je me rappelle m'être rendue au travail et avoir entendu mon patron me dire que je devrais retourner chez moi. J'étais assise sur le rebord de la fenêtre, les yeux rivés sur l'extérieur, me demandant comment j'allais pouvoir me remettre d'un tel coup et ce qui allait survenir au cours des prochains jours. Mes amis à la Banque Nationale se montraient d'un grand soutien. L'un me proposait de me ramener chez moi en voiture, une autre m'invitait à passer la nuit chez elle pour ne pas rester seule ; on s'offrait à me remplacer au travail le soir même pour me permettre de retourner dans ma famille. Certains collègues ne faisaient que me regarder, sans parler, mais comprenaient la peine que j'éprouvais. D'autres n'avaient aucune idée de ce qui était arrivé et se demandaient si j'assisterais à la fête de Noël des employés qui devait se dérouler le vendredi suivant. Noël était totalement absent de mes préoccupations à ce moment ; je voulais seulement m'étourdir dans une occupation quelconque.

Le reste de la semaine s'est déroulée à toute vitesse, ponctuée de nombreux appels téléphoniques. Plusieurs membres de notre famille se sont rassemblés chez mes parents le samedi suivant pour se rendre à la chapelle ardente à l'École polytechnique. La scène qui nous y attendait était aussi surprenante que réconfortante; la foule s'alignait aux abords de l'institution attendant d'être admise et de se recueillir.

Le jour des funérailles s'est avéré un véritable cirque; il fallait laisser sa voiture dans un stationnement du port, monter à bord d'un autobus réservé de la STM pour être transporté à l'église Notre-Dame, rechercher le représentant de la famille qui détenait les laissez-passer autorisant l'accès à l'intérieur. Chaque personne admise était dirigée vers une place assignée. Mes parents, mes oncles et mes tantes se sont assis dans la nef, alors que les autres membres de la famille furent conduits au jubé.

Après la cérémonie, alors que je redescendais vers la nef, j'ai aperçu une jeune femme qui pleurait, le visage tourné vers le mur, comme si les murs avaient la capacité d'absorber la peine. Rien ne peut faire disparaître une telle peine, pas même le temps. Mais vite, il fallait remonter dans les autobus et retourner au stationnement pour se joindre au défilé qui empruntait la rue Delorimier en direction nord jusqu'à Laval.

À la fin de la journée, nous nous sommes réunis dans un restaurant pour un repas entre membres de la famille et amis. Mon oncle Claude, le journaliste, s'est assis à la table où je prenais place avec quelques cousins et cousines. Il a animé les échanges et peu à peu l'atmosphère s'est réchauffée autour de la table. Cela a contribué à nous permettre de converser normalement, sans nous attarder sur la raison qui faisait que nous étions tous présents à cet endroit. Parce que l'impact d'une telle tragédie ne peut véritablement être ressenti tant qu'on n'a pas réfléchi à un tel geste de pure violence, à un tel assaut à la fierté d'une famille qui a été secouée sur ses assises mêmes. Jusqu'à présent, ce massacre n'a vraiment jamais fait l'objet d'une discussion entre nous ; nous sommes une famille de peu de paroles, stoïque et fière.

Même après toutes ces années, je n'oublie pas, mais je trouve difficile de pardonner. Il n'y a rien que je puisse faire pour changer l'horreur de cette soirée. Je peux cependant influer sur l'avenir. Chaque année se tient une collecte à l'École de technologie supérieure pour le Fonds Barbara-Daigneault. Elle permet d'amasser des contributions qui assurent deux ou trois bourses annuelles à des étudiantes en ingénierie qui participent activement à la vie étudiante sur le campus de l'ÉTS. [cacher]

Louise Daigneault

La tragédie du 6 décembre 1989

La dernière fois que j'ai rencontré ma nièce Barbara Daigneault, c'était au décès de ma mère en avril 1989. Elle était venue chez nous à Cowansville avec son frère Jean-Christophe, son père Pierre, et Marie-Claire. J'ai serré Barbara dans mes bras et je lui ai dit : « Mon Dieu que tu es belle Barbara ! » Elle se tenait dans le salon avec mes enfants, toujours aussi drôles que d'habitude, et s'amusait de leurs réparties. [suite]

Le 6 décembre 1989, mon mari et moi regardions les nouvelles à la télévision et nous savions qu'un drame était arrivé à la Polytechnique, mais aucun nom n'avait été divulgué.

Le lendemain matin à 6 heures, mon frère Claude m'a téléphoné pour m'annoncer la triste nouvelle. Claude était complètement démoralisé et je lui ai dit que j'avertirais les autres membres de notre famille à sa place. J'étais dans un état second et j'ai téléphoné à ma famille ainsi qu'à tous mes enfants. Nous étions comme paralysés face à ce drame épouvantable. J'avais peur pour mes deux filles et je me disais que le monde était méchant pour s'en prendre à des jeunes étudiantes qui étaient vouées à une belle carrière.

J'ai revu mon frère Pierre le vendredi de cette affreuse semaine. Les victimes devaient être exposées le lendemain à l'Université. Pierre m'a serrée dans ses bras et m'a appelée Mimiche, un surnom que j'avais quand j'étais une petite fille. Dans sa grande douleur, Pierre trouvait le moyen d'être sarcastique jusqu'à ce qu'il s'écroule en pleurant.

Les jours qui ont suivi ont été vécus comme dans un rêve ! Les visites à l'Université de Montréal, les funérailles à la basilique Notre-Dame et la foule compatissante au grand malheur que nous subissions.

Je pense que dans la famille Daigneault, le temps s'était arrêté. J'avais averti la parenté que nous avions à Sherbrooke et je me souviens très bien que mes cousins avaient pleuré. Ils sont tous venus à Montréal offrir leurs condoléances à mon frère Pierre.

À chaque anniversaire de la tragédie de la Polytechnique, je revis la même tristesse et je pense à mon frère Pierre qui n'a jamais accepté cette épreuve et qui est décédé quelques années plus tard. Nous n'oublierons jamais ce drame. Le 6 décembre est une journée de méditation pour moi. L'an passé, ma fille Chantal qui est enseignante, parlait avec le directeur de l'école et celui-ci lui a fait remarquer qu'il connaissait une des victimes et avait enseigné à Barbara Daigneault à l'école Sacré-Coeur de Sherbrooke, une école primaire. Chantal lui a dit : pour moi, c'était ma cousine, et je n'oublierai jamais!

Barbara est partie trop jeune, mais son souvenir demeurera longtemps avec nous. [cacher]

Michèle Daigneault

Se souvenir

Le 6 décembre 1989... Je ne peux l'oublier. Il m'arrive encore d'en faire des cauchemars. [suite]

Lorsque la nouvelle a éclaté à la télé en manchette du bulletin de 18 heures, j'ai immédiatement téléphoné à mon frère Pierre. Séparé depuis deux mois, je vivais seul dans un minable petit appartement d'une pièce. J'avais démissionné de ma fonction de patron et j'étais redescendu au bas de l'échelle journalistique à la Presse canadienne. Les temps n'étaient pas faciles. La nouvelle a eu sur moi l'effet d'une déflagration.

Pierre était troublé, mais me dit que Barbara allait le rappeler, qu'il avait laissé un message sur son répondeur. Il avait l'impression qu'elle avait été retardée à la fin d'un cours. Moi-même, je m'efforçai de le rassurer en disant: « Elle a peut-être décidé d'aller au cinéma ou de souper avec des amis. »

Vers 20 h 45, je l'ai rappelé. Il n'avait toujours pas eu de nouvelles et il se réconfortait en disant que si personne ne l'appelait, c'était bon signe. Je l'ai poussé pas mal fort à essayer de trouver un endroit où l'on pouvait le renseigner. Il m'a dit que la ligne de l'École polytechnique était toujours occupée. Il commençait à être terriblement inquiet. J'avais beau insister, il ne voulait pas vraiment faire de démarches.

J'ai pris sur moi de communiquer avec un copain à la PC qui s'occupait de recueillir chez les journaux sociétaires toute l'information sur l'affaire. Il m'a donné le numéro de téléphone que la police fournit aux journalistes dans ces cas-là et qui ne peut être diffusé sur les ondes.

J'y ai téléphoné. Je me suis identifié comme journaliste à la PC et oncle de Barbara. L'homme qui m'a répondu était visiblement très ému, mais il a refusé poliment de me confirmer quoi que ce soit. J'ai insisté, parlant de la condition cardiaque de Pierre, évoquant de nouveau le fait que j'étais l'oncle de Barbara et qu'elle n'avait pas communiqué avec sa famille en dépit des messages sur son répondeur, que son père savait qu'elle avait un cours à l'heure de la tragédie. Il a poussé un long soupir et après quelques secondes de silence m'a soufflé : « Dites-lui qu'il appelle ici ».

J'ai rappelé Pierre pour lui transmettre le numéro de téléphone des journalistes. Sur le coup, il hésitait à l'utiliser, comme s'il s'accrochait encore à l'espoir, même s'il savait par Jean-Christophe (le frère de Barbara) qu'elle n'était pas revenue à leur appartement et qu'elle n'avait pas donné signe de vie. Cette fois-là, je me suis presque fâché. Dieu qu'il avait le don de m'irriter quand il s'obstinait. Mais je sentais qu'il était désemparé.

Il a cédé et il m'a promis (j'insistais tellement) de me rappeler. À peine quelques minutes ont passé. Il m'a rappelé pour me dire d'une voix blanche qu'il se rendait à Poly avec sa conjointe Marie-Claire. On ne lui avait rien dit. Il espérait encore que Barbara n'était que blessée. Il m'a promis de me rappeler quelle que soit l'heure.

J'ai reçu son appel vers 3 h 30 du matin. Il avait la voix changée, mais il faisait tout pour qu'elle paraisse ferme. Ses mots ont été brefs : « J'arrive de la morgue. J'ai identifié le corps de Barbara. Peux-tu prévenir les autres? ». Je lui ai offert d'aller les rejoindre lui et Marie-Claire. Il a refusé. Il voulait rester seul avec elle.

J'ai pleuré comme un fou dans mon petit appartement. Comme les murs étaient en carton, je pense que tout l'édifice m'a entendu. J'avais promis d'appeler mes frères et soeurs, mais je ne trouvais pas le courage de le faire. J'ai attendu jusqu'à 6 heures du matin pour m'exécuter.

Je suis allé travailler dans un état second. Mais c'était l'enfer. L'information entrait constamment à la salle de rédaction, les photos circulaient, les autres journalistes hésitaient à s'approcher de moi. Les gens étaient très sensibles à ce qui se déroulait. J'ai reçu beaucoup de témoignages de sympathie. Même des gens à qui je n'avais pas parlé depuis des années m'appelaient pour me dire qu'ils pensaient à moi et m'encourageaient. Ce fut une journée terrible.

Ma soeur Michèle et son mari Robert, mon frère Hubert et son épouse Gilberte, m'ont rejoint à la porte de l'appartement de Pierre et Marie-Claire, le lendemain soir. Pierre nous avait demandé de ne pas venir plus tôt. Il crânait comme à son habitude, mais il a tout de même pleuré. À peine. Il en était tout bonnement incapable. Puis ces mots insoutenables quand j'y pense : « Moi, tout ce que je veux, c'est ma fille »...

Quelques jours plus tard, entre Noël et le Jour de l'An, Pierre a organisé une petite fête de Noël pour Jean-Christophe, sa copine de l'époque et Éric Assimopoulos, le copain de Barbara. On aurait dit que mon frère faisait semblant que rien ne s'était passé, comme pour se protéger.

Il avait acheté du champagne. Il a levé son verre et a dit : « À Barbara ». Nous avons tous dit d'une voix étranglée : « À Barbara ». L'émotion était à son comble.

Aujourd'hui, je revois tout cela avec le même sentiment de tristesse et de désespoir. Chaque anniversaire de la tuerie est un moment épouvantable à passer. J'aimerais savoir comment l'occulter. Quel gâchis...

Il y a d'ailleurs des coïncidences bizarres. La vieille Marie-Rose, la voisine de Pierre qui tenait un petit dépanneur à Berthierville avait vu grandir Barbara et Jean-Christophe qu'elle aimait beaucoup tous les deux. Elle est décédée d'un cancer cette semaine et sera inhumée demain matin (le 6 décembre 1999). Sa nièce m'a raconté que lorsqu'elle a consulté ses albums photo pour trouver un cliché pour la maison funéraire, elle est tombée sur deux pages où Marie-Rose avait collé la photo de Barbara et la carte de remerciements à ses condoléances que lui avait envoyée Pierre.

Quand je pense à Barbara, je la vois terriblement en vie, comme la dernière fois où je l'ai vue, deux semaines avant sa mort. Pierre se rendait bien compte que j'avais le moral à terre à cause de ma situation familiale. Il m'avait invité à souper : Barbara et Éric y étaient. Ils étaient de toute évidence très amoureux l'un de l'autre.

Barbara était tellement joyeuse, tellement ironique et tellement drôle. Elle avait le don de se moquer gentiment de son père, de le désarmer quand il se lançait dans l'une de ses tonitruantes envolées. Il fondait alors. Il était tellement fier d'elle. Il l'appelait « Chaton ».

Je ne crois pas qu'on ne puisse jamais surmonter un tel désastre. Il paraît qu'il faut pardonner. Peut-être. Je n'ai aucun sentiment de haine contre Marc Lépine. J'en ai cependant contre cette stupidité incommensurable qui est le lot de l'espèce humaine.

Ce que je déteste le plus, c'est d'être obligé de me rendre compte qu'en dépit de tout, l'homme n'apprend pas. À Sacramento, ce matin, on a découvert qu'un père de famille a tué cinq de ses sept enfants avant de s'enlever la vie. Hier, on disait à la télé que deux partis politiques (le Parti de la Réforme et le Parti conservateur) avaient promis lorsqu'ils prendront le pouvoir de faire annuler la loi sur le contrôle des armes à feu adoptée de peur au Parlement fédéral.

Alors... Quoi qu'il en soit, la peine nous rend peut-être plus sensibles à la longue. On ne sait jamais. [cacher]

Claude Daigneault

Invitation à l'ÉTS pour la vente de roses

Une journée par année, l'École de technologie supérieure est envahie par des douzaines et des douzaines de roses!!! Dans le hall du pavillon A, on invite la communauté de l'ÉTS à acheter de magnifiques roses : une rose simple, 6 roses ou, pourquoi pas, une douzaine! Vous sortez du pavillon A pour aller suivre votre cours au pavillon B et, là encore, on va vous arrêter pour … « SVP, acheter des roses! ». Vous sortez de votre cours, vous empruntez le tunnel pour aller manger à la cafétéria et, surprise, on vous arrête à nouveau pour..., eh oui, vous l'avez deviné : vous vendre des roses! [suite]

Pour plusieurs, c'est une belle journée, c'est une belle « décoration » pour l'ÉTS. Ça devient une tradition, c'est entre l'Halloween et Noël. Pour d'autres, c'est un peu achalant de se faire arrêter, et surtout à plusieurs reprises, pour acheter des roses : « non, mais, je suis étudiant! Je n'ai pas d'argent! Les études, ça me coûte déjà assez cher! Je n'ai personne à qui les donner! Je suis en cours toute la journée! »

Mais, en réalité, vous ne savez pas POURQUOI on veut vous vendre des roses ! Vous ne savez pas pourquoi on veut vous vendre BEAUCOUP de roses! Si vous le saviez, vous en achèteriez, c'est certain!

Alors, POURQUOI on veut vous vendre des roses? Le 6 décembre 1989, un homme connu sous le nom de Marc Lépine tuait 14 jeunes femmes à l'École polytechnique, à Montréal, chez nous, dans une école de génie! Incroyable. Enfin nous, le 6 décembre 1989, on n'y croyait pas! Encore plus incroyable, aujourd'hui, dans une école de génie, à Montréal, les étudiants ne savent pas! VOUS, vous ne savez pas!!!

La journée de vente de roses à l'ÉTS, c'est surtout pour en parler, pour vous en parler, pour vous rappeler que ça peut arriver, même chez nous! En parler, parce qu'on doit parler de la violence, de la violence faite aux femmes, mais également de toute sorte de violence contre l'être humain. En parler… pour que les choses changent !

Alors pourquoi on veut vendre BEAUCOUP de roses? Est-ce que vous trouvez qu'il y a assez d'étudiantes à l'ÉTS? Certes, le pourcentage augmente : on est passé de 8 % à 10 %. WOW, quelle augmentation en plus de 5 ans!!! En fait, il n'y a pas plus d'étudiantes en mécanique ou en électrique, mais de nouveaux programmes offerts à l'ÉTS augmentent ce pourcentage! On veut plus d'étudiantes, on veut plus de diplômées, on veut plus de femmes ingénieures sur le marché du travail.

Les recettes de ces ventes de roses sont principalement consacrées à l'octroi de bourses d'études pour encourager des jeunes femmes à réaliser leurs études en ingénierie.

Venez encourager notre relève féminine à réaliser son rêve. Allez les gars, un petit geste de solidarité!

À l'ÉTS, cette journée est organisée par le Fonds Barbara-Daigneault. Pourquoi Barbara Daigneault? Parce que Barbara, une des 14 victimes de polytechnique, était la fille de M. Pierre A. Daigneault, non seulement professeur au département de génie mécanique de l'ÉTS, mais fondateur de ce département. Barbara était chargée de TP à l'ÉTS aux côtés de son père et elle adorait ce travail. Quand elle est morte le 6 décembre 1989, elle avait 22 ans.

Acheter une rose pour votre copine (ou votre copain), c'est bien. Mais, une rose, ça peut aussi servir à dire merci :

  • Merci aux gardiens de sécurité, femmes et hommes, qui font un super bon service!
  • Merci aux secrétaires qui vous dépannent tellement souvent!
  • Merci à toute la communauté universitaire de l'ÉTS!
  • Merci à vos coéquipiers pour leur aide quand vous êtes découragés...

Prenez quelques minutes au cours de la prochaine vente de roses et venez vous procurer des roses. Cette fois-ci, vous saurez pourquoi!

Chaque rose est vendue quelques dollars l'unité. Vous voulez en acheter et vous n'avez pas d'argent? Prenez un café de moins, et votre budget vous le permettra!!! Prenez un café de moins par semaine et vous pourrez en acheter presque une demi-douzaine!

« Se souvenir et travailler pour que les choses changent ». [cacher]

Françoise Marchand

une tragédie pour réfléchir - des roses pour soutenir - une bourse pour l'avenir